(et comment l’économie circulaire permet de les éviter)

Aménager ou réaménager un laboratoire est un projet structurant. Il engage des budgets importants, impacte les conditions de travail des équipes et conditionne la performance du site sur le long terme. Pourtant, sur le terrain, certaines erreurs reviennent fréquemment. Elles ne sont pas toujours visibles immédiatement, mais finissent par coûter cher : en énergie, en remplacements prématurés, en matériel gaspillé.
À travers les chantiers d’installation, de rénovation ou de transfert, Atis Technologie constate que beaucoup de ces erreurs pourraient être évitées avec une vision plus globale du cycle de vie des équipements.
1. Concevoir le laboratoire pour un usage figé
C’est l’erreur la plus fréquente. Un laboratoire est souvent conçu pour un usage précis, à un instant donné, sans anticiper son évolution. Or, les besoins changent : nouvelles équipes, nouvelles techniques, nouveaux équipements.
Un aménagement trop rigide conduit rapidement à des adaptations bricolées, puis à des remplacements complets de mobilier ou d’équipements pourtant encore fonctionnels. Paillasses démontées trop tôt, sorbonnes déplacées sans être réutilisées, armoires devenues incompatibles avec le nouvel usage : le gaspillage commence souvent ici.
Une approche plus durable consiste à penser des espaces modulables, capables d’évoluer sans tout reconstruire. C’est un levier direct pour réduire les déchets et prolonger la durée de vie des installations existantes.
2. Remplacer systématiquement au lieu d’évaluer l’existant
Lors d’un projet d’aménagement, la tentation est grande de repartir “à neuf”. Pourtant, sur de nombreux chantiers, une partie du matériel en place est encore parfaitement opérationnelle.
Ne pas prendre le temps d’évaluer ce qui peut être conservé, adapté ou redistribué conduit à jeter par défaut. C’est particulièrement vrai pour le mobilier technique, les équipements ventilés ou certains appareils peu sollicités.
Une évaluation technique préalable permet souvent de distinguer ce qui doit réellement être remplacé de ce qui peut encore servir — sur site ou ailleurs. Dans une logique d’économie circulaire, le réemploi devient alors une option crédible, et non un compromis.
3. Sous-estimer l’impact des choix techniques sur la durée de vie
Certains choix faits lors de l’installation ont des conséquences directes sur la longévité des équipements : ventilation mal dimensionnée, alimentation électrique inadaptée, implantation peu ergonomique, conditions d’utilisation non optimales.
Ces erreurs accélèrent l’usure, génèrent des pannes récurrentes et finissent par rendre un équipement inutilisable… alors que le problème n’était pas l’équipement lui-même, mais son environnement.
Penser l’aménagement dans une logique globale — usage, maintenance, contraintes techniques — permet non seulement d’améliorer la performance, mais aussi d’éviter une obsolescence prématurée.
4. Négliger les phases de transition (déménagement, rénovation, extension)
Les déménagements et rénovations sont des moments critiques. C’est souvent là que le plus de matériel est perdu. Faute de temps ou de solution identifiée, des équipements sont mis de côté, stockés sans suivi, ou directement évacués.
Pourtant, ces phases offrent une opportunité unique de trier, d’identifier ce qui peut être réutilisé, et de donner une seconde vie au matériel qui ne trouve plus sa place dans le nouveau projet.
Sans outil ni organisation adaptée, cette opportunité est manquée. Avec une approche structurée, elle devient un levier puissant pour réduire les déchets et optimiser les investissements passés.
5. Ne pas intégrer le réemploi comme une option normale
Enfin, la dernière erreur est culturelle. Le réemploi est encore perçu comme marginal, complexe ou risqué. Résultat : il n’est pas intégré dans les réflexions en amont, ni dans les processus internes.
Or, dans de nombreux cas, le matériel existe déjà — simplement ailleurs. Faciliter la mise en relation entre ceux qui n’en ont plus l’usage et ceux qui en ont besoin permet de limiter les achats neufs, de réduire les coûts et d’éviter le gaspillage.
Quand le réemploi devient un réflexe plutôt qu’une exception, l’aménagement du laboratoire s’inscrit naturellement dans une logique plus responsable et plus rationnelle.
Conclusion
Les erreurs les plus coûteuses dans l’aménagement d’un laboratoire ne sont pas toujours techniques. Elles sont souvent liées à une vision trop courte du cycle de vie des équipements.
Penser modulabilité, évaluer l’existant, anticiper les transitions et intégrer le réemploi dès la phase de réflexion permet non seulement de faire des choix plus durables, mais aussi de mieux valoriser les investissements déjà réalisés.
L’économie circulaire, appliquée à l’aménagement des laboratoires, n’est pas une contrainte supplémentaire. C’est un outil de bon sens, au service de la performance, de la maîtrise budgétaire et de la responsabilité environnementale.
